Le scanner abdomino-pelvien, ou tomodensitométrie abdomino-pelvienne, est un examen d’imagerie qui explore l’abdomen et le bassin. Il produit des images en coupes fines des organes, des vaisseaux, du tube digestif, des voies urinaires et des structures pelviennes. Il est prescrit lorsqu’un médecin veut préciser une anomalie, rechercher la cause de symptômes ou suivre une maladie connue.
Comme le rappellent les informations patient en radiologie, un scanner ne remplace ni l’examen clinique ni l’échange avec un professionnel de santé. Son intérêt dépend du contexte, de la question posée et des renseignements transmis au radiologue.
À quoi sert cet examen ?
Le scanner utilise des rayons X et un traitement informatique pour obtenir des images détaillées. Dans la zone abdomino-pelvienne, il peut aider à analyser le foie, la vésicule biliaire, le pancréas, la rate, les reins, les uretères, la vessie, l’intestin, les organes génitaux internes, les ganglions, les gros vaisseaux et certaines structures osseuses.
Selon la Société Française de Radiologie, cet examen est utile pour localiser une lésion, apprécier son extension, rechercher une complication ou guider la suite du parcours. Il peut aussi servir de bilan avant une intervention, de contrôle après un traitement ou de surveillance dans certaines pathologies.
Une image doit toujours être interprétée avec prudence. Un scanner peut être normal malgré des symptômes réels, ou montrer une anomalie qui n’explique pas forcément la plainte. Le compte rendu doit donc être rapproché de l’histoire médicale, de l’examen clinique et, si besoin, des analyses biologiques.
Dans quelles situations est-il proposé ?
En urgence, un scanner abdomino-pelvien peut être demandé devant une douleur abdominale intense, une suspicion d’appendicite compliquée, d’occlusion intestinale, de diverticulite, de colique néphrétique, de traumatisme abdominal ou d’hémorragie interne. Il peut aussi aider à rechercher une infection profonde, un abcès ou une complication après une opération.
Hors urgence, il peut être proposé pour explorer une anomalie vue à l’échographie, une masse, une perte de poids inexpliquée, une maladie digestive, urinaire, inflammatoire ou gynécologique. Dans les parcours de cancérologie, l’INCa rappelle que l’imagerie peut participer au bilan d’extension, à la surveillance et à l’évaluation de la réponse aux traitements, sans décider seule de la prise en charge.
Le choix du scanner dépend de la balance bénéfice-risque. Une échographie ou une IRM peut être préférable selon l’âge, une grossesse possible, la zone à explorer, l’urgence ou la question médicale précise.
Comment se déroule concrètement la procédure ?
À l’arrivée, l’équipe vérifie l’identité, l’ordonnance, les antécédents et les éventuelles précautions. Il faut signaler une allergie connue au produit de contraste iodé, une maladie rénale, un diabète traité, une grossesse possible, un allaitement, une intervention récente ou un traitement en cours.
Le patient s’allonge généralement sur le dos, sur une table qui se déplace dans l’anneau du scanner. L’appareil est ouvert, ce qui limite souvent la sensation d’enfermement. Pendant l’acquisition, il faut rester immobile et parfois bloquer brièvement la respiration. La prise d’images est rapide, souvent en quelques minutes, même si le passage dans le service dure plus longtemps avec l’accueil, la préparation et la surveillance.
Selon l’indication, un produit de contraste iodé peut être injecté dans une veine pour mieux visualiser certains organes et vaisseaux. L’injection peut provoquer une sensation de chaleur, un goût métallique ou une envie d’uriner transitoire. Ces sensations sont fréquentes et disparaissent rapidement. Plus rarement, un produit à boire ou un lavement est utilisé pour mieux étudier le tube digestif.
Préparation, douleur possible et précautions
Les consignes varient selon le centre et l’indication. Il peut être demandé de venir à jeun, d’apporter une prise de sang récente pour évaluer la fonction rénale, ou de boire un produit avant l’examen. Les anciens examens d’imagerie et comptes rendus sont utiles, car la comparaison améliore souvent l’interprétation.
Le scanner n’est pas douloureux en lui-même. La gêne principale peut venir de la pose de la perfusion, de l’immobilité ou de l’injection. Les réactions allergiques sévères au produit iodé sont rares, mais elles nécessitent des précautions. Une insuffisance rénale connue ou suspectée doit être signalée, car l’injection peut ne pas être adaptée dans certaines situations.
L’examen expose à des rayons X. L’IRSN et l’ASN rappellent que l’imagerie médicale doit être justifiée et optimisée : un scanner se réalise lorsqu’il apporte une information utile, pas par simple curiosité. Chez l’enfant, la femme enceinte ou en cas d’examens répétés, la question de l’irradiation doit être discutée avec l’équipe médicale.
Résultats, interprétation et signes d’alerte
Après l’examen, les images sont analysées par un radiologue. Un premier commentaire peut parfois être donné, mais le compte rendu écrit reste le document de référence. Il est transmis au médecin prescripteur et parfois remis au patient avec les images ou un accès numérique.
Le compte rendu décrit les éléments observés, répond si possible à la question posée et peut recommander une surveillance, un autre examen ou un avis spécialisé. Une conclusion normale ne signifie pas toujours absence de problème médical si les symptômes persistent. À l’inverse, certaines découvertes fortuites nécessitent un contrôle sans être forcément graves.
Avant l’examen, signalez sans attendre une grossesse possible, une allergie au produit de contraste, une insuffisance rénale, un antécédent de réaction lors d’un examen injecté, un asthme sévère ou un malaise récent. Après l’examen, demandez rapidement un avis médical en cas de malaise, difficultés respiratoires, gonflement du visage ou de la gorge, éruption généralisée, fièvre, douleur abdominale qui s’aggrave, saignement inhabituel ou altération de l’état général. En cas de symptômes intenses ou brutaux, contactez les urgences ou le 15/112.
FAQ courte
Faut-il être à jeun pour un scanner abdomino-pelvien ?
Pas toujours. Cela dépend de l’indication, du protocole et de l’utilisation éventuelle d’un produit de contraste. Le centre d’imagerie donne les consignes avant le rendez-vous.
Le produit de contraste est-il obligatoire ?
Non. Certains scanners sont réalisés sans injection, selon la question posée ou les précautions nécessaires. La décision revient à l’équipe médicale en fonction du bénéfice attendu et des risques éventuels.
Peut-on reprendre ses activités après l’examen ?
Dans la majorité des cas, oui. Après une injection, il peut être conseillé de boire normalement si aucune restriction médicale ne s’y oppose. Des consignes spécifiques sont données si une surveillance particulière est nécessaire.
Sources utiles à consulter
- Société Française de Radiologie / Radiologie.fr : informations patient sur les examens d’imagerie et les produits de contraste.
- Haute Autorité de Santé (HAS) : recommandations de bon usage des examens d’imagerie selon les situations cliniques.
- Institut National du Cancer (INCa) : repères sur l’utilisation de l’imagerie dans les parcours de cancérologie.
- IRSN et ASN : informations sur l’exposition aux rayonnements ionisants et la radioprotection en imagerie médicale.
- Assurance Maladie : informations pratiques sur le parcours de soins, la prescription et la prise en charge des examens.








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